Jeanne & Co jouent au "jeu de plumes" proposé par Asphodèle... Et voilà la Pluminette qui, du coup, sort de son trou !

Les 13 premiers mots proposés par des Bloguinettes et non Bloguinettes, avec une lettre imposée (tout d'même !) sont répertoriés chez Asphodèle dès le lundi soir. On a jusqu'au vendredi soir pour préparer un texte contenant bien sûr ces 13 mots, et le samedi matin, dès 6 heures, Asphodèle met les liens pour nos textes dans un billet sur son blog.

 C'est ainsi que "l'éléphant" de 32 Octobre m'a menée de la cravate à canevas au Sudan...

Jeu de plumes en "E"
plumes de l'ete d'Asphodele
photo Asphodèle

@u bout d'Abou

A peine débarquées du MS Eugénie, nous avons retrouvé le bruit et l'agitation d'Assouan. Sur les eaux émeraude et argent du Lac Nasser, la vie feutrée à bord avait effacé la réalitée...

Après une dernière étreinte avec nos compagnons de voyage, et les immanquables promesses de ne pas se perdre de vue au retour, nous nous sommes laissées guider pour la suite de notre séjour.

Alors que le Mövenpick se dressait déjà fièrement, sur l'île face en face, Mlle Nanou, soudain tout excitée, avec des étincelles de bonheur dans ses yeux rieurs, hurla : "le Sudan" ! Ce bateau mythique et luxueux était tellement proche de nous que je ne l'avais même pas remarqué. Bien sûr, Hercule manquait dans ce décor mais des images évanescentes nous firent revisiter quelques scènes imaginées par la grande Agatha ! Et qui étaient donc les heureux passagers ? Appréhendaient-ils une nouvelle "mort sur le Nil" ?...

La navette fluviale de l'hôtel attendait pour nous déposer sur l'île. Un verre de karkadet glacé nous fut offert aussitôt avoir mis pieds à terre, et cet élixir de fleurs d'hibiscus eut pour effet immédiat de faire disparaître toutes traces écrevisses qui s'étaient installées sur nos visages éprouvés par cette chaleur estivale.

Le lendemain, à l'heure où le soleil fait fuir les Nubiens, sans doute aussi un peu excédés par ces touristes avides d'aventure, une felouque, au petit nom de "Fantastic",  nous prit en charge pour une promenade à la vitesse de la brise qui faisait frissonner le Nil.

Sans bruit, l'immense voile prenait le cap du vent, sans se presser, pour nous permettre de nous imprégner des histoires de l'Histoire. L'ïle Eléphantine se laissait apprivoiser et délivrait ses rives et ses vestiges, tout autour du Mausolée de l'Aga Khan.

Négoce d'ivoire, forme de l'île, ou tout simplement travail du temps qui a sculpté les rochers en forme de dos d'éléphants, peu importe la légende. Le spectacle était impressionnant. La ville, en face, s'était évanouie comme par enchantement tandis que nous restions assises, côte à côte, silencieuses et figées dans le temps et dans l'espace, comme dans les Fleurs du Mal "...belle, ô mortels, comme un rêve de pierre..."

Le charme avait opéré. La brise complice semblait nous murmurer une nouvelle élégie pour mieux sublimer tous les contrastes évidents de cette terre d'Egypte. Une douce impression de sérénité nous avait envahies, amplifiée par les senteurs de cette huile essentielle d'eucalyptus dont nous nous étions largement aspergées et que nos éventails Véra Pilo distillaient lentement, dans leurs balancements indolents.

Rêve ou réalité ?
une histoire vraie comme dans un roman !

 éléphant Egypte