Avertissement

Mon billet est très personnel, sauf pour la partie sur Jean Moulin.

Ma mémoire est remplie de souvenirs de mes années professionnelles passées aux côtés du Docteur Frédéric Dugoujon.
(j'ai repris, pour accompagner ce long billet, la musique "la symphonie du Nouveau Monde" choisie par Frédérique Dugoujon, lors des obsèques de son Père...)

Mes Traboules vont enfin me permettre de vous faire partager mes émotions, ma fascination pour ces Femmes et ces Hommes au courage immense, qui forcent l’admiration…

A Lyon, de nombreux lieux portent le nom de Jean Moulin. Son souvenir est partout… Là encore, j’ai fait mon choix… Et quelle ne fut pas ma joie, mais encore une grande émotion, de découvrir, par hasard, le lieu où fut prise la photo si connue de Jean Moulin, à Montpellier…

J’ai choisi de parler de Jean Moulin, « ce Héros », du Docteur Frédéric Dugoujon, toujours présent dans mon cœur et ma mémoire, et du couple Aubrac…


Mais il ne faut pas oublier, bien sûr, tous les autres Résistants, combattants de l’ombre… On retrouve tous ces noms de Lyonnais sur la fresque de Montluc.

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mur des Résistants dans le 3e sur la ligne de Léa

Jean MOULIN
Homme de Londres, Homme de l’ombre
Symbole de l'héroïsme français


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Jean-Pierre Moulin est né le 20 juin 1899 à Béziers.

Il fut élevé suivant une morale civique exigeante : instruction, travail, justice, vérité, tolérance, solidarité.

Ses parents lui forgent une âme de citoyen et l’imprègnent de la culture méridionale.

Jean Moulin suit une scolarité classique, très attiré par le dessin.

« Philosophe rebelle » il aurait voulu faire une carrière artistique, mais raisonnable, il se laisse facilement convaincre par son père de faire son droit à la faculté de Montpellier.

Il est mobilisé en 1918 au 2e génie de Montpellier.

En 1922, il devient chef de cabinet du préfet de
la Savoie.

Sous le nom de Romanin (nom d’un château féodal en ruine accroché aux Alpilles), il expose ses aquarelles et dessins humoristiques. La caricature politique traduit bien sa libre pensée.

A 26 ans, il devient le plus jeune sous-préfet de France, et en 1926 il se marie avec Marguerite Cerruti.

Il est aussi collectionneur d’art et acquiert des tableaux de peintres modernes.

En 1937, il devient le plus jeune préfet de France. C’est un homme de tolérance.


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photo d'après le portrait de Marcel Bernard

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portrait réalisé en octobre 39 par Marcel Bernard
en contrebas du château d'eau du Peyrou à Montpellier

Dans la Résistance , il devient Rex (et aussi Joseph Mercier, M. X, Max, Régis, Jacques Martel), et a pour mission de rallier les mouvements, de les unir et de créer l’Armée secrète unifiée en séparant les forces militaires des organisations politiques.

Conscient d’être surveillé, il ouvre une galerie de peinture. La galerie Romanin est inaugurée en février 1943.

Jean Moulin estime essentiel de réaliser l’union de la Résistance. Le MUR (Mouvements unis de Résistance) voit le jour.

Après avoir été fait Compagnon de la Libération en 1942 par le Général de Gaulle, il reçoit la Croix de Compagnon de la Libération.

Muni du titre de Commissaire en mission pour l’ensemble de la France et de nouvelles instructions du Général, il est chargé de mettre en place le Conseil de la Résistance, sorte de parlement clandestin, pour fédérer mouvements, partis et syndicats afin d’imposer un seul chef au combat, le Général de Gaulle.

Ardent défenseur de la République et de l’Etat, Jean Moulin a été jusqu’au sacrifice suprême pour accomplir ce qu’il estimait être son devoir.

Son œuvre n’a pas été détruite par son arrestation à Caluire le 21 juin 1943. Après "l'affaire de Caluire", Jean Moulin et ceux présents à la réunion dans la maison du Docteur Dugoujon, ont été transférés, dans un premier temps à la prison Montluc. Actuellement, cette prison est réservée aux femmes.

Il a d'abord été inhumé le 11 février 1944 au cimetière parisien du Père-Lachaise, puis ses "cendres présumées" ont été transférées au Panthéon, vingt ans plus tard pour commémorer le vingtième anniversaire de la Libération, le 19 décembre 1964, sous la présidence du Général de Gaulle. En réalité, il s'agit d'un cénotaphe, car son corps n'a jamais été identifié avec certitude.

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Fusaro maison du Docteur Dugoujon

A Lyon, comme dans de nombreuses villes de France, son souvenir est commémoré en plusieurs endroits de la ville

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et à Caluire, bien sûr

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statue de Jean Moulin
place Gouailhardou à côté de la maison du Dr Dugoujon
inaugurée par Jean-Louis Debré le 19 décembre 2004

Cette année, sera reconstituée, à l’identique, la cellule de Jean Moulin, avec « autour, un musée, lieu de mémoire »
(déclaration du Maire du 3e arrondissement).


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Fresque de Montluc conçue par la Cité de la création

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La réhabilitation de la Maison du Docteur Dugoujon, patrimoine historique de la Ville de Caluire, va commencer bientôt. Le Conseil Général, propriétaire de cette Maison et maître d’œuvre de cette rénovation, a associé le Lycée professionnel André Cuzin, très impliqué dans ce projet de « civisme et devoir de mémoire ».


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Maison Docteur Dugoujon

Docteur Frédéric Dugoujon

J’ai eu la chance et l’extrême honneur d’être sa secrétaire. Le gentil Docteur m’a donné son affection et je lui témoignais toute mon admiration. C’était un homme fidèle, généreux et simple, foncièrement bon, un humaniste au service des autres.
Il a été Maire de Caluire de 1964 à 1983, a siégé au Conseil Général pendant 49 ans, fut Conseiller régional, Député du Rhône de 1973 à 1981, Président de l'Opac du Rhône et du Sytral.

Il est mort à 91 ans, le 5 août 2004. La ville de Caluire l'honore également.

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Buste du Docteur Frédéric Dugoujon
Bronze patiné posé sur une colonne de pierre
réalisé par le Marc Joly, sculpteur
devant l'Hôtel de Ville de Caluire

En rédigeant ce billet, mes pensées affectueuses vont à Frédérique, sa fille chérie.

Lucie et Raymond Aubrac

Un couple de légende, des Résistants comme d’autres, connus ou inconnus, et cependant pas tout à fait comme les autres car liés à "l’affaire de Caluire".

Le couple Aubrac a beaucoup témoigné dans les collèges et lycées, et dialogué avec les jeunes, pour transmettre cette période de l’Histoire.

Lucie Aubrac est décédée à l’âge de 94 ans, et Raymond Aubrac, seul survivant des principaux responsables de la Résistance arrêtée dans le maison du Docteur Dugoujon, avec Jean Moulin, continue inlassablement à raconter la Résistance, en considérant que c’est son devoir de « survivant ».

L'histoire de Caluire a suscité deux films, « Boulevard des hirondelles », de Josée Yanne, et « Lucie Aubrac », de Claude Berri.

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affiche film Lucie Aubrac de Claude Berri -source internet-

Pour sa part, Lucie Aubrac a écrit un livre, "Ils partiront dans l'ivresse", qui retrace son journal durant cette période de mai 43 à février 44. Ce livre fait partie de ma petite collection de livres-cultes.

Extrait du journal de Lucie Aubrac
… Lundi 21 juin 1943

« … Il reste ce petit recueil des lettres choisies de Mme de Sévigné, mettez-le dans votre bibliothèque.
Je ne lui précise pas que ce livre est celui dont Raymond se sert pour coder ses messages et ses rapports. Un code inviolable pour qui n’en possède pas la clé »…

"Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent"
Lucie Aubrac

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